27.03.2009

Fiche de lecture : Un mec sympa, Laurent Chalumeau

Chalumeau 001.jpg Emmanuel « Manu » Bonneval est un ancien voleur de bijoux. En liberté conditionnelle, il semble bien décidé à ne pas replonger. Grâce à son passé d’ancien champion junior de tennis, il trouve un boulot comme professeur particulier dans un club huppé de la Côte d’Azur. Jusqu’au jour où son conseiller d’insertion et de probation lui demande d’aller voler la collection de montres d’un oligarque russe. S’il refuse, le juge le refout en taule. Mais s’il accepte, ce sera sans doute la même issue.
Parallèlement, une cliente du club de tennis se retrouve en fâcheuse posture : elle s’est fait flasher en plein adultère sado-maso par un maître-chanteur minable qui lui demande 50 000 euros en échange de son silence.
Je pourrais encore recenser les intrigues apparemment secondaires qui tissent le synopsis de ce livre, mais ce serait fastidieux et romprait le charme de ce très bon roman. Il y a bien longtemps en effet que je n’aie lu un livre aussi construit, aussi charpenté, aussi peaufiné, aussi structuré. J’ignore combien de temps Chalumeau a passé sur le squelette de son roman, mais des intrigues aussi chiément construites, ça faisait une paye que j’avais pas lu. Et attention ! Tout dans la subtilité ! Une bonne quinzaine de personnages, que rien ne semble relier, sont amenés à se croiser, des connexions improbables s’opèrent, des jonctions s’effectuent, des destinées se percutent. En plus, filou, le Laurent. Il joue habilement sur les silences, multiplie les points de vue, passe sous silence certains événements pour mieux nous les rebalancer quand on ne s’y attend plus, modèle la chronologie à sa guise pour mieux nous surprendre… Un grand panard de scénariste. J’ignore si le vaudeville sera à nouveau à la mode un jour, mais si c’est le cas, faut pas se gourer, faut appeler Chalumeau, il vous mitonnera ça aux petits oignons.
Et ses personnages ! Dites, vous avez vu ses personnages ? Un tennisman-cambrioleur, un chirurgien plastique, un criminel de guerre serbe aux grosses fesses, une juge ripou, une employée de l’administration pénitentiaire au grand cœur, un immigré roumain dont la seule ambition est de devenir le Tony Montana local, des bourgeoises emperlousées et désœuvrées, des chefs d’entreprise partouzeurs, etc. Des trognes, des vraies ! Quelle jouissance dans l’art du portrait ! Jeu de massacre dans la société bling-bling de la Riviera ! Ah il ne les épargne pas, les parvenus, les pue-le-pognon, les notables écœurants nouveaux riches. On sent qu’il jubile, Chalumeau, à nous les imaginer dans des situations grotesques, humiliantes, bouffonnes (la scène où le maître-chanteur minable, déguisé en Super Mario est pris à partie par trois loubards des cités est à se pisser dessus de rire). Parti-pris ! me direz-vous. Tu m’étonnes ! Et pas qu’un peu. Sa tendresse, Chalumeau la garde pour les petits, les obscurs, les laissés pour compte de cette société à deux vitesses : les repris de justices, les putes esclaves du sexe, les fauchés, les clandestins… Car malgré la charge caricaturale des portraits, tous les personnages ont une vraie épaisseur et il n’est pas difficile de deviner avec lesquels l’auteur est en empathie.
Et puis il y a le style. Une écriture orale, populaire, vulgaire. Très triviale, mais d’une trivialité travaillée, ciselée. Le gros mot au bon endroit, l’interjection heureuse, l’insulte qui fait mouche. Juste, un emploi compulsif du participe présent à mon avis un poil too much. Mais bon, opinion personnelle. Il y a une gouaille, chez Chalumeau, une vraie écriture qui vous saute à la gueule, vous agresse, vous encanaille. Avec un arrière-plan culturel très contemporain. L’auteur cite les émissions télé à la mode, les chanteurs de téléréalité, les sportifs starisés. Pas par admiration, non. Mais parce qu’ils existent et que, sans doute, ils participent à la vacuité de plus en plus prononcée de cette société qu’on nous montre en exemple.
Un mec sympa, un vrai coup de cœur. Ou comme dirait l’autre, un pur kif !

24.03.2009

Le cimetière des morts qui chantent : vernissage et dédicaces

J'ai déjà eu l'occasion de vous en parler de façon informelle, alors maintenant, c'est la version protocolaire : je vous invite toutes et tous au vernissage-dédicaces de mon nouveau polar (Dacié tome 3) à la librairie La Mare aux Diables (14 rue Thévenet, à Dunkerque), le vendredi 10 avril à partir de 19 h. Entrée libre et apéro offert. 41_cimetiere_P1.jpg

Un petit conseil d'ami : ceux qui sont venus l'année dernière ont eu l'impression d'assister à une séance de dédicaces de Guillaume Musso ! C'est pas que j'aie tant de fans que ça, c'est juste la librairie qui est toute petite !!! Alors n'hésitez pas à venir avant, vers 18 h 30 (j'y serai déjà) ou carrément après 20 h 30. Je dis ça, c'est pour éviter l'embouteillage. IMGP1291.JPG


Je compte sur vous.

22.03.2009

Fiche de lecture : La troisième vague, Paul Colize

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Vassili Skolovski, photographe de presse est en reportage à Bagdad. Un soir, il reçoit un appel : Pierre, son meilleur ami, lui-même photographe, a été abattu à Bruxelles et n’a eu que le temps de composer son numéro avant de mourir.
Anéanti, Vassili rejoint aussitôt la capitale belge. Il apprend que durant son trajet, les assassins de son ami ont été jusqu’à pénétrer dans l’Institut Médico-légal pour détrousser le cadavre.
N’ayant pas confiance en la police locale, Vassili décide de mener l’enquête, en commençant par dénicher ce que les meurtriers n’ont pas réussi à retrouver : une carte-mémoire d’appareil photo.
L’intrigue de ce roman est très efficace et habilement structurée. Parallèlement à l’enquête de Vassili, l’auteur nous livre, à intervalles régulier, l’histoire d’un mystérieux escroc devenu hacker de génie, et surtout des chapitres où il nous retrace l’histoire des années de plomb belges, celle de ces mystérieux « Tueurs du Vendredi » qui ensanglantèrent le pays de 1982 à 1985 : chantage, meurtres, espionnage, terrorisme… tous les ingrédients sont réunis pour construire une intrigue solide et accrocheuse.
J’aime cette démarche qui consiste pour un auteur à partir d’un fait historique passé dans la mémoire collective, et d’y insérer une histoire fictive, mais avec suffisamment de talent pour que le doute s’insinue en nous et nous fasse hésiter sur la véracité ou non du propos. Mais Paul Colize n’est pas James Ellroy en ce sens qu’il annonce dès le départ que son histoire n’est qu’une fiction avec en arrière-plan, la réalité historique. Il ne nous livre donc pas la clé de cette énigme incroyable. Un passionnant dossier, signé Michel Leurquin, dans la deuxième partie du livre, nous retrace tout l’historique de ces années de plomb.
Passons maintenant au style : on le sait, rien de plus subjectif. Et ce que j’apprécie, chez un romancier, c’est qu’il ait une démarche, un angle d’écriture revendiqué et qu’il le défende. Paul Colize n’écrit pas : il taille. Au sécateur, à la serpe. On le devine le petit doigt en survol perpétuel de la touche Suppr, à la recherche de la redondance, à l’affût de l’adjectif de trop, traquant l’adverbe malheureux.
Le résultat est une écriture sèche, acérée, nerveuse. Phrases courtes, saccadées, presque oppressantes.
Pourquoi pas ?
Après tout, Vassili mène une course contre la montre : il doit remettre des documents avant une date butoir, sous peine que des malfaiteurs s’en prennent à son fils. L’écriture épouse donc la course du personnage : sans temps morts ni pause clope.
On objectera qu’un tel parti-pris peut rebuter les adeptes d’une écriture langoureuse et serpentine. Et l’on souhaiterait presque à l’auteur qu’il s’accorde parfois le temps d’une phrase de plus de deux lignes, qu’il nous gratifie d’une métaphore un peu plus suave. J’ai repéré, çà et là, quelques moments de tendresse, des fulgurances stylistiques qui donnent envie d’en lire davantage. Le temps de se réoxygéner avant une nouvelle plongée en apnée (apnée, troisième vague… C’est bon, vous avez pigé ?). Mais il s’agit d’un choix d’écriture, sans compromis.
Bref, très bon roman que cette Troisième Vague. Un roman qui ne se cherche pas, qui s’assume et le fait fort bien.
Paul Colize a entre autres écrit Quatre Valets et une dame, roman arrivé en finale du prix VSD du polar. Je vous en reparlerai plus tard. Très certainement en bien.

21.03.2009

Le prix Bilbliobs

Ça faisait longtemps, et pour cause, que je ne vous avais pas livré de fiche de lecture. Mais j'ai dû lire dix romans pour le prix polar Bilbliobs, et comme le temps imparti était très court, faire des fiches m'était matériellement impossible.

Les votes seront clos la semaine prochaine, et je vous livrerai les lauréats. Je ne vais pas vous donner le détail de mes votes, en revanche, je vais vous faire un petit rappel des dix nominés dans les deux catégories, et vous conseiller à l'intérieur de chacune d'entre elles.

SÉLECTION FRANÇAISE :

A lire : Zulu, de C. Férey ; La fille de Carnegie, de S. Michaka. Zulu.jpg carnegie.jpg
Pourquoi pas ? : Tranchecaille, de P. Pécherot tranchecaille.jpg
A éviter : Le Magicien, de JM Souvira magicien.JPG et La ville sans regard, de M. Bernardi ville.jpg

SÉLECTION ÉTRANGÈRE :

A lire : L'hiver de Frankie Machine, de D. Winslow frankie machine.jpg ; Un pays à l'aube, de D. Lehane Lehanepays.jpg ; Seul le silence, de J. Ellory seul le silence.jpg
Pourquoi pas ? : Dernier tramway pour les Champs-Elysées, de J. Lee Burke Dernier-tramway_James-Lee-Burke.jpg et Croco-Deal, de C. Hiaasen croco.jpg

17.03.2009

Le cimetière des morts qui chantent, la couverture.

Ça y est, j'ai enfin reçu le visuel de la couverture du nouveau Dacié, que je ne peux m'empêcher de partager avec vous. Elle est belle, non ?!

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Bon, abordons tout de suite la question du fameux bandeau rouge. J'ai demandé à Ravet-Anceau de remplacer "L'inspecteur Marquet" par le "Le lieutenant Marquet", vu que c'est son grade et qu'on n'emploie plus l'ancienne terminologie depuis plus de dix piges.
Ils ont fait l'essai, mais au moment du test, ils ont affirmé que "lieutenant", ça faisait militaire.

C'te bonne blague, que j'ai répondu avec ce sens aigu de la répartie que vous me connaissez. Puisque c'est comme ça qu'on dit, pourquoi changer ?

Mais baste, c'est eux qui éditent, hein ! Donc ils vont laisser "inspecteur". Alors qu'en plus, au chapitre 4... Mais bon, j'en dis pas davantage !

Et en plus, pour se foutre de moi, le démoniaque Gilles Guillon s'est moqué en disant : "Ben oui, lieutenant, c'est pour Colombo, inspecteur, c'est pour Derrick !"

Rigole, Gilles, rigole ! Et les flics qui t'attendront au retour du vernissage, comme l'année dernière, ce seront des inspecteurs ou des lieutenants ? ;-)

03.03.2009

C'est beau, c'est bon, c'est Boucq !

Dès la fin du mois, vous pourrez enfin vous procurer le magnifique ouvrage San-Antonio Boucq et Dard, aux éditions Sangam.. Dessincouv.jpg

Je vous en ai déjà parlé ici, mais petit rappel :
Depuis dix ans, François Boucq réalise les couvertures des San-Antonio de Frédéric et Patrice Dard. Il a déjà dessiné près de 150 couvertures. Le livre dont je vous parle vous en propose une grande partie. Mais il ne s'agit pas d'une simple compilation d'images, non, c'est bien plus que cela.

Petite visite guidée : tout d'abord, une magnifique préface inédite et très émouvante de Patrice Dard. Ensuite, une histoire des couvertures de San-Antonio... et de San-Antonio lui-même réalisée par bibi. Puis un portrait de François Boucq écrit par Laurent Turpin. Enfin, les originaux de François Boucq, mais également des croquis, des dessins non retenus, le tout sous un habillage graphique original de Philippe Brulois, validé par François Boucq en personne.

Format à l'italienne (25,7 x 24,7), couverture cartonnée, 192 pages pour un prix public de 35 euros.

Mais ce n'est pas tout ! En effet, les 500 premiers acheteurs se verront offrir un carnet de croquis (tirage limité) : "Les inédits" (Pas publiés) de François Boucq. Pas encore sorti, déjà collector !

Et vous croyez que je vais me contenter de vous faire baver ? Même pas ! Figurez-vous que grâce à ce blog, vous pouvez d'ores et déjà pré-commander ce livre et être certain d'avoir en cadeau le carnet numéroté des croquis de Boucq !! Mais gaffe, y en aura pas pour tout le monde.

Pour cela, rien de plus simple : cliquez ici et contactez François Defaye de ma part.

Merci qui ?

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