29.12.2008
Fiche de lecture : Maléfices, de Maxime Chattam
Bon. Maxime Chattam, jeune romancier qui dame le pion aux Ricains sur leur terrain, naninanère, beau gosse maître-du-suspense-à-couper-le-souffle-du-sang-qui-se-glace-jusqu’au-bout-de-la-nuit, naninanère… Merci au marketing de Michel Laffon de formater ainsi nos attentes de lecture.
Mais ça donne quoi, vraiment, un Maxime Chattam quand on essaye de le lire sans a priori ? Éléments de réponse avec Maléfices, troisième tome d’une trilogie de 1800 pages écrite en quatre ans (non, non ! Aucun implicite là-dedans…).
L’intrigue : un serial killer de Portland se prend pour une araignée géante, balance des dizaines de veuves noires et autres mygales dans les foyers afin de semer la psychose, kidnappe de jolies jeunes femmes, les vide leur substance et les abandonne dans des cocons géants de toile d’araignée.
On y croit, hein ?
Rigolez pas, c’est encore ce qu’il y a de plus réussi dans ce thriller ! Maxime Chattam est un malin. Il joue avec des thèmes universels, avec nos peurs primales. Et ça fonctionne plutôt pas mal. Chapitres courts, nerveux, efficaces. Maxime Chattam est un très bon page turner. Reconnaissons-lui cette qualité. Même si le dénouement est une caricature en terme de coupable gigogne (six suspects successifs avant d’arriver au bon, merci bien !...).
Les personnages : monolithiques, monochromes, monosaveur, monosentiments,… monochiants, quoi ! Rien de neuf sous le soleil d’Edgecombe. Des caricatures déjà vues des dizaines de fois, on passe vite.
Ce qui devient intéressant, c’est quand Chattam se pique de leur écrire des dialogues philosophiques. Imaginez deux détectives sous le choc après la découverte du cadavre ( ?) du personnage principal, et qui entonnent le grand air des considérations sur le Mal, dignes du journal intime d’Alexandre Jardin adolescent…
« - Sommes-nous aveugles et hypocrites pour oublier que l’essence même de ce que nous sommes tous est bestiale ? Manger, dormir, se reproduire… et tuer pour survivre, s’il le faut. Pour protéger ses petits. L’aurait-on oublié ? La société nous a appris à cacher cet aspect primaire sous des couches de vernis, mais au fond, tout au fond, nous sommes encore ces mêmes bêtes, comme toutes celles qui arpentent cette foutue planète, peut-être que ce qui nous différencie d’elles, c’est notre capacité à nous fabriquer ces vernis. »
Non, franchement, là, j’aurais plutôt vu un bon vieux « Make my day, punk ! »
Quant au style, je vous le gardais pour la fin. Passons sur les scènes d’action, très correctes. Malheureusement, Chattam se croit obligé, dès qu’il aborde une description, de tomber dans un excès de lyrisme à pleurer de rire ou de honte, et nous balance des métaphores de collégienne à la truelle. Même au plus fort de ma verve critique, je n’arriverais pas à vous rendre le ridicule de cette emphase de pacotille. Le plus simple est encore que je vous en recopie quelques extraits.
« La nuit gîtait sur le flanc, balayée sans ménagements par les vagues de l’aube. L’écume lumineuse s’étalait sur le ciel, noyant les étoiles les unes après les autres. Il ne restait plus que la lune, tel un coquillage affleurant la surface, trop rond pour donner pris aux courants sidéraux. « (Aucune métaphore n’a été maltraitée durant le tournage de cette scène… )
Ou encore : « Le jour lança son avant-garde dans la traîne étoilée de l’est, soufflant son aube blanchâtre sur les firmaments, avant de délier les nœuds qui retenaient la nuit sur la ville. » (Phrase réalisée sans trucages…)
Chié, non ? Si vous aimez, il y en a encore dix caisses dans la bouquin.
Conclusion : Maxime Chattam est au polar ce que la série Z est au cinéma. Un genre en soi, rempli de clichés et de stéréotypes, qu’on lit quand même en sachant ce qui nous attend et dont on se dit toujours après coup que non, vraiment, on aurait mieux fait de consacrer notre temps à autre chose.
23:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.12.2008
Fiche de lecture : La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette, Millénium 2, Stieg Larsson
Pour une fois, mes impressions de lecture corroborent les avis entendus au préalable : oui, j’ai de loin préféré le tome 2 de la trilogie Millénium au premier. À bien y réfléchir, les raisons en sont fort simples.
Lisbeth se prépara du café et se beurra des tartines.
Tout d’abord, on gagne du temps au niveau de la présentation des personnages. Forcément. On retrouve le duo Lisbeth Salander – Mikael Blomqvist, déjà présent dans le premier. De la même façon, la plupart des personnages secondaires figuraient dans l’aventure précédente. Stieg Larsson met à profit ce gain de place pour insuffler davantage de rythme. La mise en place dans le premier tome était parfois longue et fastidieuse. Ici, on attaque l’action direct, sans fioritures. Quelques rappels opportuns ou éclaircissements nécessaires pour ceux qui commenceraient la trilogie par le tome 2, mais c’est tout. Quant aux nouveaux personnages, l’auteur abandonne sa prétention balzacienne de nous raconter l’histoire de leurs familles pour se concentrer sur le nécessaire afin de ne pas plomber le rythme de l’intrigue.
Mikael brancha la machine café et se prépara des tartines.
Et justement, parlons-en, de l’intrigue. Ce qui fait qu’elle est supérieure à la précédente, c’est certainement son unité. Dans le premier tome, j’avais été perturbé par le mélange des genres. Larsson entrecroisait deux registres bien distincts, en une seule aventure un peu bancale (le thriller économique et la figure incontournable du tueur en série psychopathe). Étrange association de la carpe et du lapin, confusion des genres pas toujours heureuse. Ici, l’histoire est plus constante, plus homogène. Plus classique, certes, mais plus efficace également : Mikael Blomqvist et la revue Millénium s’apprêtent à publier un reportage explosif sur le trafic des esclaves sexuelles en Suède. Reportage qui mettrait en cause nombre de politiciens, journalistes et personnalités. Mais ce journaliste et sa compagne sont retrouvés assassinés à quelques jours de la publication. Et très rapidement, une coupable idéale se dégage : Lisbeth Salander. Toutes les forces de police sont à sa recherche, mais elle reste introuvable. Seules quelques personnes tentent de la retrouver pour l’aider, voire la disculper, au premier rang desquelles, bien sûr, Mikael Blomqvist.
Erika Berger se versa un café et mangea une tartine.
Pour obtenir 600 pages de roman, il faut bien sûr des rebondissements et des ramifications improbables. Il y en a, rassurez-vous. On flirte parfois avec le fantastique, voire le grand guignol, mais ça marche.
Lisbeth et Mikael se préparèrent du café et des tartines.
Alors évidemment, on retrouve les tics parfois énervants de Larsson : une absence totale de style, une tendance à tirer parfois ostensiblement à la ligne, quelques répétitions (qu’est-ce qu’ils boivent comme café et bouffent comme tartines, en Suède !!). De la même manière, que l’on m’explique pourquoi cette très longue introduction sur le voyage de Lisbeth Salander aux Caraïbes (passage qui ne sert strictement à rien, si ce n’est à noircir quelques feuillets supplémentaires).
La fin est très ouverte, et donne envie de découvrir le tome 3. Ça m’embête un peu, car tous mes amis qui ont lu les trois s’accordent à dire que c’est le moins bon de la trilogie. On ne devrait jamais ouvrir un livre avec des a priori.
21:23 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
11.12.2008
Mes polars en audio, commandez-les ici !
En attendant le tome 3 du prochain Dacié (vernissage le 10 avril, notez-le déjà sur vos tablettes), je vous rappelle la sortie de mes deux premiers en... CD MP3 !! Oui, sur un seul disque, Dacié et Marquet, en voix et en sons.
Réalisé par des studios professionnels (Hemix), avec des comédiens professionnels.
Si vous êtes intéressés, sachez que vous pouvez bien sûr le trouver en commerce, mais aussi me le commander directement. Cliquez ici. J'offre les frais de port !
Réfléchissez-y : on a tous du temps à perdre en voiture, (maintenant qu'on ne peut plus téléphoner au volant), un parent ou un voisin illettré (personne n'est visé parmi les destinataires de ce mail !!), une connaissance malvoyante, un chanteur de jazz ou de funk aveugle à qui faire un cadeau.
09:12 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.12.2008
Maxime Gillio sélectionné pour le premier prix Nouvel Obs du polar !!
Oui, mais seulement pour faire partie du jury, pas encore comme auteur...
Bon, d'accord, l'accroche était un peu facile, je le reconnais.

M'enfin, mine de rien, je me dis que c'est déjà pas si mal, non ? Surtout avec la conviction dont j'ai fait preuve au moment d'envoyer mon mail de candidature.
Toutes les informations sur ce nouveau prix du polar sont là : Prix Bibliobs
Vous avez vu tous ces bouquins que je vais devoir lire ?
Comment je vais me goinfrer ! Le pied !
16:25 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
02.12.2008
Entre la charcuterie et les slips en promo
Il ne vous aura pas échappé que Noël approche. Quelle perspicacité !
Et avec Noël, son cortège de contrariétés et de doutes existentiels, au premier rang desquels la famille ou belle-famille qui débarque une semaine avant le réveillon, et les cadeaux à trouver, sans idée, sans passion.
Il aura fallu que j'arrive pour que la solution à ces problèmes soit trouvée en un seul geste.
Ce samedi 06 décembre, en effet, je serai en dédicaces au Auchan Grande-Synthe, de 15 h à 18 h.
Donc, résumé des opérations : vous annoncez à vos parents, amis, parasites, rois de l'incruste que vous les emmenez visiter un haut lieu culturel de l'agglomération dunkerquoise qui, chaque week-end, draine des centaines de touristes.
Vous réussissez à vous garer, vous remplissez le caddie de victuailles riches en mauvaise graisse et d'alcool frelaté. Et vous faites un détour au rayon "Idées de cadeaux" où je vous attends, en bonne tête de gondole que je suis, pour vous faire dédicacer un de mes polars (ou les deux, soyez pas chien, merde !) que vous pourrez offrir à Noël. Vos hôtes déballeront leurs cadeaux avec une admiration non feinte et vous pourrez leur glisser, avec un zeste de suffisance dans la voix : "Tiens, mate l'intérieur, je te l'ai fait dédicacer. Je connais personnellement l'auteur..."
Succès garanti ! Et si l'heureuse élue est une jolie jeune femme accorte, grâce à moi, vous pourrez peut-être même conclure le soir de Noël et manger de la dinde une deuxième fois dans la soirée...
Alors on dit merci qui ?
A samedi !
08:53 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
