22.11.2008

Fiche de lecture : Drame au Cap Gris-Nez, Christine Desrousseaux

Lucette est une jeune horticultrice, complexée et mal dans sa peau. Elle travaille à Wimereux, sur la Côte d’Opale. Surgit un jour Gaëlle, étudiante de son âge, à l’extrême opposée de Lucette : milieu aisé, belle, extravertie, intelligente et solaire. Les deux jeunes femmes deviennent amies. En réalité, Lucette aime Gaëlle. D’un amour platonique, secret. Le père de Gaëlle est un pianiste de renommée internationale. Sa mère, elle ne l’a quasiment pas connue. Morte d’une rupture d’anévrisme, un été, alors que Gaëlle n’avait que cinq ans. Au cimetière où elle repose, se trouve également la tombe de sa grand-mère, morte pendant la guerre. Comme si les femmes, dans cette famille, étaient condamnées à mourir jeunes. Hélas, Gaëlle n’échappe pas à cette malédiction. Elle est poussée du haut d’une falaise par un ou une inconnue.
Le récit, habilement agencé, alterne les flash-back où est décrite l’amitié entre les deux jeunes femmes, les espoirs de Lucette et sa jalousie féroce, et les chapitres au présent où l’on assiste à l’inhumation, particulièrement poignante, de l’étudiante. Puis sitôt l’enterrement achevé, Lucette reprend l’enquête sur la mort de son amie. Une enquête qu’elle avait commencée bien plus tôt. En effet, Gaëlle semble vouloir ignorer le passé de sa famille, alors que Lucette va découvrir bien des secrets enfouis. Des secrets qui, malheureusement, pourraient bien être à l’origine du meurtre de la jeune femme.
Excellente intrigue, donc, qui ménage quelques rebondissements et révélations très bien amenés. Les personnages sont également parfaitement décrits, très justement croqués, sans excès ni caricature, le ton est parfait tout au long du livre.
Et que dire de l’écriture ! Christine Desrousseaux possède un style très agréable. Des phrases limpides, d’une grande clarté. Toujours le mot juste, jamais d’emphase. Et quand elle se laisse aller à quelques passages lyriques, c’est également une réussite. C’est très casse-gueule, une métaphore. Ça peut vous revenir au visage comme un rien. Retomber comme un soufflé. Faire pschittt. Vous faire passer du côté ridicule de la force. Il faut savoir la polir, la doser, l’amener au bon moment. C’est le cas ici. Christine Desrousseaux a écrit et publié d’autres récits et nouvelles. Je ne les ai pas lus, mais ce doit être bon. Drame au Cap Gris-Nez m’en donne la certitude.

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