« 2008-04 | Page d'accueil | 2008-06 »
27.05.2008
Bande-annonce
« Enfin ils allaient savoir ! Depuis trois mois qu’ils enquêtaient sur celui que la presse avait surnommé « Le tueur au karaoké » ! Depuis trois mois que les cadavres s’amoncelaient! Depuis trois mois que tous les amateurs de karaoké, fussent-ils amateurs ou semi-professionnels, étaient retrouvés dans une masure délabrée de la rue Belle-Rade, un micro profondément enfoncé dans la gorge !
Ils avaient patiemment collecté les indices, recueilli les témoignages, procédé aux analyses scientifiques les plus poussées. Le labo avait été formel : les fragments de terre relevés rue Belle-Rade et aux domiciles des victimes ne pouvaient provenir que d’un seul endroit : cimetière de Dunkerque, allée B16, emplacement 72.
Y avait pas à dire, pour des analyses poussées, c’étaient des analyse poussées.
L’emplacement 72 se situait juste derrière un imposant mausolée. À mesure qu’ils avançaient, les deux policiers percevaient des rythmes sourds et des clameurs gutturales.
Quelque monstrueux sabbat, sans doute.
Lorsqu’ils ne furent plus qu’à quelques mètres, le doute ne fut plus permis.
Staying Alive, par les Bee Gees, 1978.
Au comble de la stupeur, les deux hommes contournèrent le monument et aperçurent, stupéfaits…
…une dizaine de morts-vivants se déhanchant sur la chanson des frères Gibb. Accrochée à un crucifix, une boule à facettes éclairait par intervalles les faces décomposées et verdâtres des zombies. Ces derniers, dans une chorégraphie que ne laissait pas supposer leur degré de décomposition avancée, enchaînaient moulinettes et autres figures disco. En retrait, derrière une table de mixage, un macchabée, casque sur absence d’oreilles, tentait bon gré mal gré de scratcher ses vinyles à l’aide de son seul bras restant.
Lors d’un déhanché particulièrement agressif, le défunt le plus proche envoya quelques asticots grouillants sur l’avant-bras d’un des policiers. Ce dernier ne put réprimer un cri de dégoût.
La musique s’arrêta aussitôt et tous les morts-vivants se retournèrent, le visage grimaçant, vers les deux hommes. Dans un silence de mort, bien sûr.
Les policiers n’en menaient pas large, et croyaient leur dernière heure arrivée, lorsqu’une des créatures s’écria, d’une voix d’outre-tombe :
– Eh, les mecs, mais je les reconnais ! C’est Dacié et Marquet, les deux policiers de Bienvenue à Dunkerque et de L’abattoir dans la dune ! Oh la vache, je peux avoir un autographe, dites ?!
Aussitôt, les goules se précipitèrent vers les deux policiers, qui pour tenter d’obtenir une signature, qui une mèche de cheveux, qui une poignée de main, quitte à perdre la sienne dans l’aventure.
Dame ! C’étaient tout de même les deux figures dunkerquoises les plus en vue de ces dix dernières années…
– Dites, messieurs, proposa un quasi-squelette, vous n’allez pas partir comme ça ! Joignez-vous à nous. C’est la fête !
– C’est qu’on voudrait pas déranger, objecta Marquet, on a encore du travail et..
– Taratata, le coupa le mort. Vous avez toute l’éternité pour vous ennuyer, alors profitez un peu de la vie tant qu’elle est là… Oh, Raoul, remets la zique, vieux !
Le DJ brandit son unique pouce et poussa ses manettes. Aussitôt la musique reprit de plus belle.
– Mais ! s’exclama Dacié, c’est Born to be alive, de Patrick Hernandez ! Je n’ai jamais su résister à cette chanson. Allez, Stéphane, venez, on va s’éclater, comme au bon vieux temps du disco. Monte le son, Raoul, ce soir, j’ai la fièvre !
Et c’est ainsi que Dacié et Marquet dansèrent toute la nuit comme des fous furieux, se cassant la voix sur des tubes d’antan.
Depuis, les habitants du quartier ont rebaptisé ce cimetière « Le cimetière des morts qui chantent ». Et il se murmure que, certaines nuits sans lune, on entend tous les diables de la création crier, crier, Aline, pour qu’elle revienne.
FIN »
–Mais qu’est-ce que c’est que cette… ?
Gilles Guillon, le directeur littéraire des éditions Ravet-Anceau, s’épongea le front d’une main fébrile. Tout était prêt : les rotatives étaient huilées, les transporteurs dans les starting-blocks, les journalistes harcelés, les libraires sous pression. Seul manquait le manuscrit, que Maxime Gillio avait promis de livrer en temps et en heure.
Ce qu’il avait fait, d’ailleurs.
Mais quel manuscrit !
D’une main, Gilles Guillon déboucha un tube de Lexomil, tandis que l’autre, il saisit son téléphone pour appeler « l’auteur ».
– Maxime ? Gilles Guillon… Qu’est-ce que c’est que cette bouse que je viens de recevoir ? Dis-moi, c’est une blague, hein ? T’as voulu me faire marcher, le vrai manuscrit est chez toi ? C’est un poisson d’avril au mois de septembre ? Une caméra cachée ? Un canular ?… Quoi ? C’est le seul manuscrit, le bon ?… Maxime, mon petit, mon auteur chéri, mon best-seller à moi, tu sais que tu viens de me pondre une merde innommable ?… Comment ça, j’ai dit « merde », et on est lus par des lycéens ?… Bon, je retire le « merde ». Mais c’est impubliable, ce que t’as écrit ! C’est nul ! Mauvais ! À vomir ! Le pire manuscrit que j’aie jamais reçu de toute ma carrière ! Et pourtant, j’en ai reçu, des mauvais, je te prie de le croire ! Qu’est-ce qui t’a pris ? Tu déprimes ? C’est parce que Lens est en Ligue 2, c’est ça ? Mmmmh ? Non, même pas ? Ben alors quoi ! Tu sais comment ça se présente, là ? Depuis que L’abattoir dans la dune est devenu la plus grosse vente de chez Ravet-Anceau, que des centaines de lettres ou de mails arrivent tous les jours sur mon bureau pour réclamer la suite, depuis que t’en parles toutes les semaines sur ton blog (http://maximegillio.blogspirit.com), on a mis sur pied un plan marketing d’enfer pour la sortie du Cimetière des morts qui chantent : j’ai tous les médias sur le coup, Bernard Pivot, PPDA, Guillaume Durand ! Mais nom d’un chien, t’as pris le melon, ou quoi ?! Tu veux ma mort ? La faillite de Ravet-Anceau ? Que tes lecteurs se rabattent sur Christophe Lecoules, c’est ça ?… Ah, ça te titille, ça ! Ça te vexe ! Te stimule ! Te transcende ! Te coup-de-pied-au-cules !… Alors écoute-moi bien, mon gars : je te donne une semaine, pas une de plus, pour m’écrire un chef-d’œuvre, t’as compris ? Passé ce délai, tu sais où tu peux te le mettre, ton contrat à trois romans par an ? Oui, bon, d’accord, on est lus par des lycéens… N’empêche, t’as très bien compris où tu peux te le carrer si tu ne me livres pas un manuscrit digne de ce nom dans sept jours ! Après, tu pourras toujours retourner à l’auto édition, tocard !
Alors, pari gagné, pour Le Cimetière des morts qui chantent ? Réponse au printemps prochain, amis lycéens. D’ici-là, rassurez-vous, la collection « polars en nord » comporte bien d’autres titres pour patienter.
20:23 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
18.05.2008
J'en rougirais presque...
Patrick Galmel, chroniqueur polar, m'a attribué la très bonne note de 4 étoile (sur 5 possibles) pour L'abattoir dans la dune.
Mais plus que la note, c'est le compte-rendu, extrêmement élogieux et surtout très fin qu'il a fait qui me comble d'aise, car il a parfaitement compris quel a été mon projet d'écriture.
Retrouvez sa notice en cliquant ici et n'hésitez pas à laisser un commentaire sur son site !
15:32 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
15.05.2008
Plein les oreilles !
Non, non, je ne négligeais pas ce blog, ces derniers jours. Mais dans la mesure où ce dernier est consacré à mon activité éditoriale, je ne peux - hélas - pas vous annoncer un scoop toutes les semaines.
Cela dit, afin de combler votre impatience, et bien que je répugne à livrer des infos quand celles-ci ne sont pas certaines à 100% (en gros, tant que rien n'est encore signé), je vais vous donner quand même une info, que j'espère de taille.
On vous a dit du bien de Bienvenue à Dunkerque ? On a encensé L'Abattoir dans la dune ? Vous rêvez de découvrir ces chefs-d'oeuvre du roman policier ?
Oui mais voilà : vous êtes aveugle !
Je sais que nos amis malvoyants viennent souvent consulter ce blog, alors j'ai une bonne nouvelle pour eux : mes deux livres vont être enregistrés, par les éditions Hemix, en CD !! Oui, oui, avec des comédiens professionnels, du sound design, une maquette, etc.
Le principe est que les deux titres figurent sur un même CD.
D'où mon silence relatif de ces derniers jours. En effet, j'ai dû réduire de presque la moitié chacun des deux textes.
Je vous laisse imaginer la douleur que ça a été. Déjà, de devoir relire mes livres, et surtout, de devoir couper des passages entiers, de faire les adpatations, les transitions, etc.
Mais j'espère que ça vaudra le coup.
Je préfère ne pas vous donner de date de sortie, tout cela est encore prématuré. Certainement à la rentrée 2009.
Maintenant que j'ai fini la réduction, je vais pouvoir me consacrer au Cimetière des morts qui chantent. Et là, je vais vous faire une confidence : j'ai comme un gros coup de frein sur ce bouquin. Je sais pas pourquoi... Il est tellement différent de L'abattoir, que vous semblez avoir bien aimé, que j'ai peur de décevoir.
Bah, on verra bien.
J'y retourne.
16:03 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
06.05.2008
On parle - un peu - de moi
Claude Le Nocher, éminent critique polardier, après avoir dit du bien de moi sur le site auquel il participe (rayonpolar), m'a carrément consacré un petit article, fort sympathique ma foi, sur son blog perso.
Je ne peux que vous conseiller d'aller y jeter un oeil en cliquant ici.
Merci, Claude.
20:47 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
02.05.2008
Commandez vos exemplaires dédicacés
Depuis que j'ai mis l'adresse de mon blog dans L'abattoir dans la dune, le nombre des visites a triplé. Je vous en remercie chaleureusement.
Alors pour les nouveaux, comme pour les anciens d'ailleurs, je vous rappelle que vous pouvez, ici, sur ce blog, commander vos exemplaires de mes polars, dédicacés (ou non...).
Et comme je me mets en quatre pour vous, sachez que les frais de port sont dérisoires (1 euro symbolique par livre, avouez, c'est carrément dreamland, là !).
Alors pas d'excuses :
- J'habite à Perpignan, mon libraire ne les a pas.
- Je vais pas payer 5 euros de frais de port, quand même !
- Amazon ne les a pas en stock (faudra que je vous en touche un mot, de ces margoulins...).
- J'ai pas le temps de me déplacer.
Non, non, ça ne marche pas ! Dans la colonne de gauche de la page d'accueil de ce blog, il vous suffit de cliquer sur la bonne rubrique, et je vous les expédie dès réception du règlement.
Merci qui ?
08:56 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Et l'Allemagne, dans tout ça ?
Ben oui, avec cette rentrée chargée, je ne vous ai pas parlé de ma semaine en Allemagne et des suites possibles.
Très rapidement, dire qu'une fois de plus, j'ai été reçu comme un roi dans les établissements qui m'ont fait l'honneur de me recevoir : Erlangen, bien sûr, mais aussi Würzburg et Bayreuth (où, comme il se doit, j'ai fait un festival...), seul ou en compagnie d'Axel Ganser, mon comparse dessinateur.
Comme à l'accoutumée, organisation tip-top, chaleur des enseignants hôtes, bref, le pied.
A tel point qu'avec l'ami Klaus, d'Erlangen, et en coopération avec le dFi d'Erlangen, nous sommes en train de mettre sur pied un projet européen.
Difficile de vous en dire plus pour l'instant, nous n'en sommes qu'aux balbutiements, mais disons que je viendrais à nouveau l'année prochaine, animer des ateliers sur le polar. Là, nous lancerions un concours dans toutes les classes visitées, afin de sélectionner les deux meilleurs débuts de polar créés par les élèves.
Une fois les deux groupes lauréats retenus, il s'agirait d'écrire carrément deux nouvelles policières, l'une en allemand, l'autre en français (ja, ja !), nouvelles qui seraient publiées dans un manuel germanique.
Tout cela est volontairement flou, mais c'est un projet qui nous botte bien, de part et d'autre de la frontière.
Affaire à suivre, donc.
Bis bald.
08:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
