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22.09.2007
Lu sur www.polarnoir.fr
Lu sur http://www.polarnoir.fr, cette critique de Patrick Galmel
Stéphane Marquet, jeune policier stagiaire, vient de quitter Nice, sa ville natale, pour rejoindre sa nouvelle affectation et parfaire sa formation : ce sera Dunkerque. Sur place, il tombe sous la coupe de l'inspecteur principal Dacié qui reconnaît en lui le fils qu'il a perdu dix ans plus tôt et qui lui réserve, pour avoir réveillé cette vieille blessure, un accueil plutôt glacial.
Mais la réalité reprend vite ses droits : les deux hommes se retrouvent avec une profanation d'église sur les bras...
Maxime Gillio pratique le duo d'enquêteurs et la progression linéaire qu'il adopte, procédurale, laisse place à faire plus ample connaissance avec ses deux principaux protagonistes. Comme souvent dans les duos, tout oppose ces deux personnages réunis par le "destin" policier. Marquet est tout jeune, avec parfois des idées un peu noires, ou "brunes" ; Dacié, la cinquantaine, est quant à lui un humaniste dépité, ancien professeur de français, anticlérical. Tous deux ont un secret qui les rassemble, comme une sorte de non-dit néanmoins palpable : Marquet n'a pas connu son père, Dacié a perdu un fils ; une douleur qui les rapproche.
L'intrigue suit son cours... Avec en filigrane un dingue ; d'abord profanateur d'église, puis assassin — comme poussé par une vague mystique — d'une femme militante d'extrême droite travaillant comme CPE dans un collège classé en ZEP et à la sexualité débridée.
Maxime Gillio, aidé de ses deux enquêteurs, montre des quartiers populaires à forte densité de travailleurs immigrés, le terreau de "la France au français". Il montre aussi les méthodes de certains partis en matière de recrutement, d'organisation, comme leur place dans les conseils municipaux, leur influence primordiale sur les politiques locales en matière d'éducation qui, si elle ne gèrent pas de gros budgets, n'en restent pas moins prépondérantes pour l'avenir :
« — Eh bien, amender ou non les projets municipaux adverses, en proposer d'autres et faire entendre nos idées sur ces sujets : allocations annuelles pour les familles françaises, autonomie financière des établissements, révision des programmes et des contenus d'enseignement, réhabilitation des enseignements qui confortent l'identité nationale, rétablissement des cours de morale, promotion de l'émulation et du mérite, maintien de la discipline et de la sécurité, libérer l'école de l'immigration... »
Un roman de facture très classique, dans son écriture comme dans sa construction, mais qui montre avec précision, sans forcer le trait, une réalité sociale et politique concrète.
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